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Peut-on boire l'eau de pluie ?

L'eau qui devient de plus en plus rare et dans le même temps moins de 10 % de l'eau que nous utilisons sert à s'hydrater ou cuisiner. La question se pose naturellement : est-il est possible de consommer l'eau de pluie ?

Boire l'eau de pluie : bonne ou mauvaise idée ?

 

Boire l'eau de pluie : que dit la loi française ?

Pour des raisons de santé publique, il est interdit de boire l'eau de pluie. La réponse du ministère est précisée dans l'arrêté du 21 août 2008 concernant la récupération d'eau de pluie et à leur usage :

" Une eau de pluie est une eau de pluie non, ou partiellement, traitée ; est exclue de cette définition toute eau destinée à la consommation humaine produite grâce à l'eau de pluie"

L'eau de pluie ne respecte pas les normes de qualité du Code de la santé publique concernant l'eau potable. Elle est contaminée au niveau biologique (bactéries et micro-organismes mêlés à l'eau lors de son cheminement sur le toit et dans la cuve) et chimiquement. La loi n'autorise pas non plus à potabiliser cette eau.

 

 

Quels sont les risques à boire de l'eau de pluie ?

  • Les risques liés à la pollution biologique :

Vous vous exposez principalement à des risques d'intoxication en ingérant cette eau pluviale. Rapidement, les agents pathogènes présents peuvent créer des diarrhées, des crampes abdominales voir un malaise.

Si la filtration par Uvc est une solution reconnue et agréée pour éliminer les germes types bactéries, virus, micro-algues ou champignons, il n'aura aucun impact sur les autres types de pollution.

  • Les risques liés au pH acide de l'eau de pluie :

L'eau de pluie est naturellement acide avec un pH proche de 5. Après ruisselement, en fonction du type de toiture, il peut remonter au dessus de 6. Encore insuffisant pour être dans les seuils de recommandation avec un pH compris entre 6.5 et 9.5. Un pH acide peut engendrer des inflamations, des douleurs intestinales ou de la fatigue.

Si les cuves en béton ou la pose de blocs calcaires dans les cuves en polyéthylène peuvent faire remonter le pH, l'eau de pluie est encore lojn d'être propre à la consommation.

  • Les risques liés à la pollution chimique :

C'est le type de pollution le plus difficile à traiter et garantir. Un certain nombre de substances toxiques, nottament dissoutes peuvent être présentes : l'eau qui tombe du ciel n'est pas si pure que l'on pourrait l'imaginer. L'eau potable, issue des usines de potabilisation, est filtrée et contrôlée sur des dizaines de critères (par exemple, le taux de nitrite, de plomb, les pesticides).

Quelque soit le lieu où vous vous trouvez (ville, campagne, montagne), l'eau de pluie peut contenir des métaux lourds, pesticides, des composés souffrés ... issus du lessivage de la pollution atmosphérique ou des surfaces de ruisselement comme votre toiture.

Par ailleurs, il est reconnu aujourd'hui que partout dans le monde, l'eau de pluie contient des PFAS : des substances perfluoroalkylées utilisées pour :

  • les emballages alimentaires,
  • l'automobile,
  • l'aviation,
  • les matériaux en contact avec les aliments,
  • les textiles, le cuir et les vêtements,
  • les produits de construction
  • les produits ménagers,
  • l'électronique,
  • la lutte contre les incendies,
  • la transformation des aliments
  • les articles médicaux.

L’utilisation variée de ces composés chimiques, combinée à leur caractère très persistant, entraîne une contamination de tous les milieux : l’eau, l’air, les sols ou encore les sédiments.

Une étude récente indique que le niveau de PFAS dans le monde n'a pas forcément évolué depuis 20 ans. Néanmoins, les seuils de risques ont été revus à la baisse suite à de nouvelles données scientifiques.

Le cancer est le principal risque avec la présence de ces PFAS dans les eaux de pluie, mais également des maladies cardio-vasculaires. On retrouve par ailleurs ces particules chimiques dans les produits de la mer que nous consommons.

Pour plus de détail, nous vous invitons à lire l'article : Pourquoi l'eau de pluie est-elle considérée impropre à la consommation à l'échelle du globe de Libération du 25 août 2022.

Il existe evidemment des solutions de traitement de la pollution chimique, nous pouvons citer le charbon actif ou l'osmose inverse, mais ces solutions sont soient trop couteuses et contraignantes à l'echelle individuelle soient ne garantissent pas une eau propre à la consommation sur le long terme.

 

Quels sont les usages autorisés pour l'eau de pluie ?

En récupérant l'eau qui tombe sur le toit de votre maison, il est autorisé de l'utiliser dans une multitude de cas précis.

La réglementation en France est assez claire sur les usages possibles :

  • Alimentation des chasses d'eau des toilettes (11 m3 par personne et par an),
  • Arrosage du jardin et potager (30 à 100L par m² par an),
  • le nettoyage de votre logement,
  • Pour votre lave-linge, sous réserve d'utiliser un système de traitement de l'eau (6 m3 par personne et par an),
  • Nettoyage de votre voiture et autres véhicules (2 à 4 m3 par voiture et par an).

A l'inverse, il n'est donc pas possible d'utiliser l'eau de pluie pour :

  • les usages liés à l'alimentaire : boisson, cuisine, vaisselle (11 m3 par personne et par an)
  • les usages liés à l'hygiène corporelle : bain, douche (21 m3 par personne et par an)

Les usages autorisées ou non pour l'eau de pluie

La loi vous autorise donc à valoriser de 38 à 80% de votre besoin en eau potable par de l'eau de pluie (pourcentage variable en fonction du besoin en arrosage de votre jardin). Plus concrêtement, pour une maison individuelle cela représente déjà un volume de stockage moyen de 5 à 10 m3.

A noter que votre installation doit répondre à une législation précise : dans votre maison, il est obligatoire que les robinets et le réseau distribuant l'eau récupérée soient totalement indépendants de l'eau potable, avec une signalétique dédiée.

Découvrez notre article complet sur la réglementation de la récupération d'eau de pluie.

 

Conclusion

La réponse en France est claire : juridiquement l'utilisation de cette eau pour la consommation humaine n'est pas autorisée.

Rendre de l'eau de pluie potable et garantir sa potabilité sur le long terme nécessite des solutions de traitement et de controle couteuses et contraignantes, non pragmatiques à l'echelle du logement individuel. Pour être indépendant toute l'année, cela necessiterait un volume de stockage très important tout en réduisant drastiquement ses besoins. 

Néanmoins, il est possible de réduire fortement votre dépendance à l'eau potable grace à l'eau de pluie et des gestions intelligentes du basculement automatique sur l'eau du réseau lorsque la cuve est vide. Avec les sécheresses qui se multiplient, de plus en plus de Français se lancent dans le stockage des eaux pluviales. Un petit geste pour l'environnement tout en améliorant votre autonomie.

 

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Il faut également considérer que le prix de l'eau est directement lié aux prix de l'énergie : distribuer l'eau potable dans l'ensemble du réseau nécessite beaucoup d'électricité. Par conséquent, les économies réalisées grâce à la récupération d'eau de pluie vont aller crescendo.

Benjamin, notre spécialiste peut vous faire une étude gratuite pour ne plus rester les bras croisés en cas de sécheresse ! Dimensionner la bonne capacité de stockage, pilotage du système, élimination des bactéries : il vous accompagnera sur l'ensemble de ces sujets !

Articles intéressants sur ce sujet

https://www.cieau.com/le-cieau/

https://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/article/usage-domestique-d-eau-de-pluie

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31481

 

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